La ministre de la culture et de la condition féminine, Mme St-Pierre, clame sur tous les tons que les nouveaux citoyens québécois doivent accepter les valeurs québécoises: priorité du français, séparation de l'État et de l'Église et égalité des hommes et des femmes.
Bien qu'on affirme haut et fort que le français est la langue officielle du Québec, un nouvel immigrant a fort à faire pour s'en convaincre. Bien vite, il se rend compte qu'il y a deux systèmes d'éducation, un en français et un en anglais. Il découvre aussi assez vite qu'il y a deux systèmes de santé, un en français et l'autre en anglais. S'il écoute la radio, regarde la télé ou lit des journaux, il se rend bien vite compte que l'offre de service est bien plus importante en anglais qu'en français.
Ce nouvel immigrant à qui l'on a parlé de l'égalité des hommes et des femmes au Québec voit bien que les femmes occupent encore les emplois les moins bien rémunérés. Il constate même qu'il n'est pas égal aux autres citoyens puisqu'à compétence égale ou même supérieure il n'a pas accès aux mêmes emplois.
Finalement, bien qu'on lui ait dit qu'au Québec l'État et l'Église sont séparés, il voit bien qu'à l'Assemblée Nationale les représentants du peuple siègent devant un grand crucifix. Bien sûr, on ne fait plus de prière dans cette noble Assemblée, mais à chaque fois qu'on demande à nos représentants de garder une minute de silence pour honorer la mémoire de quelqu'un le diffuseur des travaux de l'Assemblée Nationale à la télé se sent obligé de montrer en surimpression, le fameux crucifix que Maurice Duplessis a fait installer au-dessus du trône du président de l'Assemblée.
Il serait bien étonné, ce nouvel immigrant, si on lui demandait, pour pouvoir faire partie de la fonction publique, de renoncer au port d'un signe religieux. En tout cas, il serait en droit de se dire qu'il y a une exception notoire puisque nos représentants ne semblent pas trouver le courage d'affirmer la séparation de l'État et de l'Église sans ambigüité dans le lieu ou s'exerce la démocratie québécoise.
Nos représentants à l'Assemblée Nationale ont tellement peur d'assumer leurs convictions qu'ils en arrivent parfois à pondre des projets de loi bizarre pour ne pas dire absurde. Si nous ne veillons pas au grain, nous pourrions nous retrouver avec un règlement interdisant le port de signes religieux ostentatoires. Pour appliquer cette loi, il leur faudrait bien créer une nouvelle police chargée de vérifier si un signe religieux est ostentatoire ou pas. C'est sans compter les nombreuses causes de procès dont certaines iront jusqu'en Cour Suprême.
Vaut mieux en rire que d'en pleurer

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